• Les Tranchées

    Le 3 août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la France, et dès le lendemain, chacun des deux belligérants engage le combat selon les modalités prévues par son état-major.

    Après plusieurs échecs des offensives allemandes et françaises, c'est un nouveau type de guerre qui se met en place. Aux grandes manoeuvres des bataillons en terrain découvert se substitue une guerre défensive et souterraine. Les combattants s'enterrent dans des tranchées.

      

      Les Tranchées

  • Des témoignages écrits sur les fraternisations et la trêve de Noël 1914 existent dans différents documents, journaux d'unité ou journaux de soldats.

      

    Secteurs de la 28e division d'infanterie, Somme, Dompierre, Foucaucourt, Fay, décembre 1914 : JMO des 22e, 30e, 99e RI et 11e chasseurs alpins : sorties de tranchées et échanges d'objets divers. Il semble que ce soit la plus longue trêve mentionnée.Les fraternisations durant 14-18 : la trêve de Noël 1914

      Les fraternisations durant 14-18 : la trêve de Noël 1914

      

    Secteur de la 52e division d'infanterie, Reims, Le Linguet, décembre 1914 : JMO des 245e, 291e, 32e, 347e et 348e RI, 49e et 58e chasseurs : défilés de lampions, chants, poignées de mains...

     Les fraternisations durant 14-18 : la trêve de Noël 1914

     Les fraternisations durant 14-18 : la trêve de Noël 1914

     

    Secteur de la 53e division d'infanterie, Somme, Frise, décembre 1914 : JMO des 205e, 224e, 228e, 319e, et 329e RI : sorties de tranchées, échanges de cigarettes...

     Les fraternisations durant 14-18 : la trêve de Noël 1914

     

    Secteur de la 5e division d'infanterie, nord de Reims, Courey, La Neuvillete, Loivre, décembre 1914 : JMO des 36e, 39e, 74e et 129e RI, et une partie du 7e de chasseurs à cheval : chants, sapins de Noël, sorties de tranchées...

    Les fraternisations durant 14-18 : la trêve de Noël 1914Les fraternisations durant 14-18 : la trêve de Noël 1914

      

      Secteur de la 70e division d'infanterie, Artois, nord d'Arras, Careney, Berthonval, décembre 1914 : JMO des 226e, 237e, 269e, 279e et 360e RI, 42e et 44e chasseurs, et deux escadrons du 23e dragons : communications entre soldats, envoi de billets flatteurs, échanges de cigarettes, visites de français dans les tranchées allemandes...

      

      


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  • [...] Dans la tranchée, nous vivions constamment dans l'humidité, la boue, la neige et, surtout, le froid. L'hiver était particulièrement rigoureux. Depuis que j'étais en première ligne, à savoir pas loin de huit jours, je ne m'étais pas réchauffé une seule fois. On avait froid au nez, aux oreilles, aux mains... nos pieds, enserrés dans des chaussures pleines d'eau macéraient, gonflaient. Il était formellement interdit de se déchausser. Il en résultait des espèces d'engelures qui s'infectaient, et les pieds geleaient. Une affection extrêmement sérieuse, qui me fit évacuer un grand nombre d'hommes, dont certains restèrent estropés pendant des années.[...]

      

    [...] Pour le moral des troupes, la qualité constante du ravitaillement en dépit des conditions difficiles a joué un grand rôle. Il cheminait par fourgons ou par wagonnets jusqu'aux cuisines creusées dans le flanc nordde la vallée. Le matériel était déposé à pied d'oeuvre, le plus près possible des cuistots. Trois fois par jour, dès le matin, on voyait ces petites bandes pittoresques de braves gars nous apporter du pain, dix boules à la fois, au moins, sur un bâton porté par deux hommes. Ils étaient également chargés de bidons de deux litres contenant du café, du vin, et de la gnôle, bien entendu. Les distributions se faisaient dans la tranchée même. Dans les moments durs, de pauvres types buvaient dès le réveil, d'un seul coup, le café chaud, le vin et la gnôle.

    - Maintenant je peux crever, disaient-ils, c'est toujous ça que les Boches n'auront pas eu.

    Vers onze heures, la soupe était apportée dans des bouthéons, par une autre équipe, souvent accompagnée du fourrier qui, lui, apportait les colis et le courrier. C'était le bon moment de la journée. Enfin, le soir, on resservait la soupe. Bien entendu, en cas d'attaque, tout ça était perturbé. Rien n'allait plus, on ne touchait à rien.

    Pendant les quatre jours qui ont suivi cette première attaque, il régna un calme relatif. On se laissait aller au plaisir de se faire un chocolat au lait condensé tout en roulant des cigarettes qu'on fumait amoureusement. Lorsque le ravitaillement était trop dangereux, on nous distribuait des boîtes de sardines à l'huile et du camembert.

    Saluons bien bas les hommes du ravitaillement, car ils nous ont permis de tenir le coup jusqu'à la victoire. Même si la sardine à l'huile espagnole et portugaise sentait l'huile de machine à coudre, même si le camembert était fait avec du lait écrémé, si bien qu'en le penchant on le voyait se gonfler et se vider pour peu qu'il y ait un trou. Enfin, c'était la guerre... [..]

    Louis MAUFRAIS, "J'étais médecin dans les tranchées".

      

    Certains jours, on donnait double ration de gnôle aux hommes pour les aider à aller à l'attaque. Les allemands faisaient de même...

      

     


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  • L'histoire raconte que le 11 juin 1916, 57 hommes du 137e Régiment d'Infanterie, composé en majorité de vendéens, furent enterrés vivants par l'explosion d'un obus. Leur tranchée était située dans une zone sur laquelle des bombardements importants eurent lieu entre le 10 et le 12 juin, notamment des bombardements de canons lourds de 280 mm et obusiers de 305 mm.

    Au moment de l'explosion, les hommes se préparaient à l'assaut. Après l'explosion, certains fusils émergeaient du sol, marquant l'endroit où les hommes avaient été enterrés vivants. On baptisa le lieu la Tranchée des Fusils, puis Tranchée des Baïonnettes.

    En 1920, le site fut fouillé et 47 corps furent mis au jour, dont 14 purent être identifiés.

      

    Il semble qu'en réalité il est impossible que la terre soit soulevée par les obus qui tombent régulièrement au point de combler une tranchée. De plus, aucun témoignage n'apparait en ce sens dans les différents récits des combattants.

    Par contre, ces alignements de fusils ou de baïonnettes le long d'une tranchée, ou de corps, sont très fréquents. L'usage s'est établi durant la guerre, car il était nécessaire d'enterrer au plus vite les corps, y compris ceux des ennemis. Une solution consistait à combler un boyau inutilisé avec les corps, puis de marquer la tombe collective avec des fusils, baïonnettes en l'air.

    Le monument de la Tranchée des Baïonnettes fut construit par l'architecte André VENTRE en 1920.

      


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  • Véritables traits d'union entre les soldats, des dizaines de journaux de tranchée rédigés et imprimés par des Poilus sont apparus dès la fin de 1914.

    Ils s'appelaient Le Mouchoir, L'Echo des Gourbis, La Fusée ou Le Crapouillot, certains étaient spécifiques à un régiment. D'une durée de vie plus ou moins éphémère, ces journaux racontaient le quotidien des tranchées, refusant toute imagerie héroïque et dénonçant les embusqués. Souvent pacifistes et sans haine envers l'ennemi, ils furent tolérés par l'armée qui y voyait un moyen de distraire et d'amuser les combattants. Peut-être aussi un moyen de surveillance...

    Plusieurs de ces journaux furent publiés directement sur le front.

    L'un des plus connus était Le Mouchoir, dont le premier numéro est daté de novembre 1915. Il était dirigé par l'abbé Georges LEDAIN, du diocèse de Nancy, affecté au groupement des brancardiers divisionnaires. Parmi ses principaux collaborateurs se trouvaient Joseph LESAGE, sapeur téléphoniste, artiste peintre dans le civil, qui décèdera de la grippe espagnole en octobre 1918, et Albert BRAY, architecte.

    Au début, Le Mouchoir est hebdomadaire et ne compte que deux pages. Après quelques mois, il ne parait plus que par quinzaine. Ensuite, au gré des déplacement de la division, sa parution devient épisodique : 39 numéros en 1916, 12 en 1917 et 9 en 1918. La dernière publication, portant le numéro 61, parait le 8 septembre 1918. Un numéro spécial, n° 62, paraitra le 19 mars 1919, à l'occasion de la Saint-Joseph, en hommage à Joseph LESAGE...

    Ce journal tire jusqu'à 1500 exemplaires et compte de nombreux abonnés à l'arrière. Il est imprimé près de Pont-à-Mousson, au Bois-le-Prêtre, dans un premier temps, puis tout le matériel et les archives sont trimbalés d'un secteur du front à l'autre en fonction des déplacements de la division. Le Mouchoir étant dirigé par un abbé, l'équipe propose des numéros spéciaux pour les fêtes religieuses, qui sont systématiquement célébrées dans ce journal.

    Tous les journaux de tranchée évoquent la vie quotidienne du soldat ; les articles et les dessins racontent le froid, la faim, les rats, les problèmes d'hygiène et de santé, le pinard, les permissions, le courrier, les brancardiers ; on trouve aussi des hommages aux camarades tombés au front et bien sûr des articles souvent sarcastiques sur tous les planqués de l'arrière.

      

      


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  • L'armée française se trouve particulièrement peu préparée à la guerre de position qui s'installe avec la mise en place des tranchées. Contrairement aux allemands, elle n'a pas renouvelé ni développé son fonds d'armes. Les fantassins sont munis de fusils Lebel, mis au point entre 1886 et 1893, l'artillerie de tranchée est inexistante, l'uniforme militaire lui-même est trop voyant pour les nouvelles stratégies de combat : bleu et rouge, il ne passe pas inaperçu...

    Le matériel militaire existant se révèle rapidement inadapté : les canons ne peuvent pas tirer depuis une position enterrée ; les mortiers, trop volumineux, ne rentrent pas dans les boyaux étroits creusés pour abriter les troupes ; les baïonnnettes sont trop longues pour se battre au corps à corps dans les galeries, et il est impossible de viser avec les fusils sans se mettre à découvert...


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