• Le Banquet - partie 5 - Mr ENJOLRAS - Discours de Mr EYNAC

          M. Francisque Enjolras, sénateur, remercie son excellent ami, M. Vernet, de son invitation ; il l’a acceptée avec plaisir, il y a répondu avec empressement et par devoir. Ses obligations parlementaires, au moment où se discutent ces graves questions d’ordre économique à l’ordre du jour du Parlement ne lui permettent pas toujours d’assister à toutes les cérémonies analogues auxquelles il est convié. Aussi a-t-il été particulièrement heureux de pouvoir venir à Saint-Julien-Chapteuil où il sait compter de vieilles et de nombreuses amitiés.

            A cette manifestation, il tient à associer le nom de son éminent collègue, M. Charles Dupuy, qui est de cœur avec nous et, se faisant l’interprète de tous les convives il lui adresse l’expression des vœux de l’assistance pour son prochain et complet rétablissement.

            Il exprime toute sa joie de se trouver au milieu d’amis qui lui ont donné librement leur confiance. Ils savent que son dévouement entier leur est acquis et qu’ils ne feront jamais appel en vain à son concours. C’est d’ailleurs avec un soin vigilant qu’il veille à la défense de leurs intérêts et de ceux de leurs communes et du canton. Il est heureux de voir à cette table M. Périès, préfet de la Haute-Loire, dont les qualités sont de plus en plus appréciées par nos populations ; son vieil ami M. Victor Pagès, président du Conseil général ; et M. Martin-Binachon, ancien conseiller général, qui avait su prendre au sein de notre Assemblée départementale une place importante.

            Il boit à la santé des convives et de leurs familles ; à la commune de St-Julien Chapteuil et aux communes du canton auxquelles il souhaite une grande prospérité.

            M. Laurent Eynac, qui est l’objet d’une chaleureuse ovation, prend le dernier la parole.

            « J’éprouve, dit-il, une émouvante joie à me retrouver parmi vous. Cette satisfaction de reprendre un contact étroit avec la laborieuse et sympathique population de St-Julien, avec des amis fidèles et sûrs, je l’attendais depuis longtemps, depuis le fâcheux accident qui m’immobilisa pendant la période électorale et m’éloigna de vous. Aussi, je ne saurais vous dire combien est profond aujourd’hui mon contentement et combien ma reconnaissance et mon entier dévouement vous sont acquis. »

            Après avoir adressé un hommage et un souvenir à M. Charles Dupuy, retenu loin de nous encore par son état de santé, M. Laurent Eynac déclare que sa satisfaction est accrue encore par la présence de M. Enjolras, sénateur, dont le nm est devenu synonyme de dévouement ; par celles de M. Périès, préfet de la Haute-Loire ; de M. Victor Pagès, président du Conseil général, de son ami, M. Martin-Binachon, ancien conseiller général ; et aussi par celle de tous les représentants du canton et de la commune de St-Julien-Chapteuil ; son collègue au conseil général, M. Vernet ; M. Habouzit, conseiller d’arrondissement, et les maires des diverses communes. Leur présence à ce banquet prouve combien sont étroits, solides, cordiaux les sentiments qui les unissent à leurs représentants républicains. Tous sont cœur à cœur avec leurs mandants et une confiance réciproque les anime. De cette fidélité dans l’attachement, la commune et le canton de Saint-Julien lui ont donné une preuve manifeste dans les conditions les plus difficiles. Il tient à les remercier sincèrement et du fond du cœur.

            Rappelant l’impressionnante cérémonie de la matinée, M. Laurent Eynac dit qu’il a considéré comme un devoir impérieux pour lui d’apporter son hommage et son salut aux glorieux morts de St-Julien. Ils étaient des fils de notre montagne, de notre terre ; ils appartenaient à la masse rurale, au peuple de France, à ce peuple qui est le cœur même de la Patrie et qui, à toutes les heures de notre Histoire, a sauvé la Nation. Notre devoir aujourd’hui est de les glorifier, de les honorer.

            M. Laurent Eynac, toujours acclamé, retrace brièvement les principales lignes du grand œuvre accompli par la République au cours de la guerre, de cet effort républicain qui a donné la victoire à nos armées, et soulevé l’admiration du monde entier.

            Maintenant une autre tâche s’impose à tous, la reconstruction nationale. A cette besogne il faut que chacun s’attache avec ardeur et avec volonté. La classe paysanne a un rôle important à jouer dans la fondation de cet édifice.

            En terminant, il glorifie la classe laborieuse des champs, la démocratie paysanne et républicaine ; il lève son verre au drapeau du progrès, emblème et idole de la République.

            Une longue ovation souligne cette éloquente allocution dont notre analyse ne peut laisser qu’une bien faible impression.

            M. Martin-Binachon, en quelques paroles très applaudies, remercie les divers orateurs et les convives du touchant témoignage de sympathie qu’ils lui ont donné.

            La séance est ensuite levée pour permettre à MM. Laurent Eynac, Enjolras, Périès et Pagès d’assister à la soirée qui avait été organisée au Puy en l’honneur et au profit des Pupilles de la Nation. Leur présence à cette manifestation apparaissait à tous comme l’heureux couronnement de la belle et impressionnante journée de Saint-Julien Chapteuil.

            

     Source : AD 43 cote 2 pb 8 – Journal « La Haute-Loire »

      

      

      

      


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