• Le 286e RI

    Les opérations prévues par l’horaire du journal de mobilisation furent accomplies du 2 au 6 août 1914 : perception des effets d’habillement, équipement, campement, armement, munitions, vivres, animaux de réquisition, harnachement, bâts et voitures, matériel des sections de munitions... Les réservistes arrivèrent, reçus par les cadres venant du régiment actif, les hommes, répartis par section et par escouade.

    Le 7 août, après la revue du régiment et la présentation du drapeau par le Colonel, un premier train partit du Puy à 19 h 30, qui débarqua en gare de Gap le 8 août à 19 h 45. Un second train débarqua à Gap le 9 août à 0 h 45.

    Le 9 août, le 286e Régiment de réserve, cantonné à Gap, se composait de 39 officiers, 2214 hommes de troupe, 161 chevaux et 8 voitures. Il faisait partie de la 128e Brigade, sous les ordres du Général Guerrier, de la 64e Division (Général Holender), de l’Armée des Alpes (Général d’Amade).

    Le 22 août, après plusieurs jours d’exercices et de manœuvres, le 286e RI débarqua à Charmes vers 17 h 30.

    Le 23, à 14 h, la compagnie Commend reçut l'ordre d'occuper la cote 273, en avant du Bois Vignaud, et d'y tenir énergiquement. A 22 h 30, la compagnie Dorgans se porta sur Damelevières, pour empêcher le passage de l'ennemi.

    Fin août, l'ennemi est repoussé au-delà de Mont-sur-Meurthe. Le régiment est mis au repos jusque début septembre. Plusieurs hommes sont frappés de coups de chaleur. Dès le 1er septembre, l'attaque ennemie a repris sur la première ligne. Le 286e RI est stationné dans la zone de la plaine de Remières, dans le bois de Pulnoy, la forêt de Champenoux, à Seicheprey...

    Chaque jour, les hommes travaillent aux tranchées.

    Le 8 septembre, une attaque doit partir à 5 heures. Mais seul le 286e marche sur la ferme de la Bouzule et Champenoux, le 206e qui devait le soutenir ne s’avance qu’à 9 heures. Aussi le 286e est-il fauché par une mitrailleuse placée sur son flanc gauche. Sur 230 hommes, 140 sont hors de combat. Le bataillon continue sa progression, s’empare de la Bouzule et s’avance jusqu’à la lisière du bois de Champenoux.

    Au soir du 8 septembre, cinq régiments sont refoulés par l’ennemi, qui bombarde sans cesse, et se replient dans le plus grand désordre avec plusieurs batteries. Tous les villages visibles flambent.

    Le 9, le 5e bataillon est laissé sans aucun soutien, seul dans la forêt de Champenoux où il travaille à se fortifier. A 9 heures, il est attaqué par trois côtés. La résistance a lieu au corps à corps, pendant plus de deux heures. La journée du 10, les combats se poursuivent.

    Le 11, une nouvelle attaque est prévue...

    Les hommes se battront dans la zone de la forêt de Champenoux pendant plusieurs jours. A plusieurs reprises, les ordres seront contradictoires, d’où des situations extrêmement dangereuses.

      (A ajouter : liste des hommes du 286e RI tués à Champenoux au cours de ces attaques...)

    A partir du 22 octobre 1914, le lieutenant colonel reçoit l’ordre d’aller relever le 339e dans le secteur de Seicheprey, sauf les 19e et 20e compagnies, sous les ordres du commandant Rigas, qui continueront à occuper la lisière nord du bord de la Hazelle.

    L’occupation du nouveau poste de commandement est organisée dès le 23 à Seicheprey, en alternance avec le 339e. Le 15 novembre, en repos à Ausanville, en prévision d’une attaque, les hommes font des exercices de rupture de fils de fer et fabrication de boucliers se tenant droit sur la terre.

    18 novembre, à 5 heures, une attaque doit avoir lieu. Mais lorsque le signal est donné, deux sections sortent en retard des tranchées.

    "Quand il a franchi quanrante pas, il s'aperçoit que les 3e et 4e sections, placées à droite, commencent seulement à sortir. Or, le feu des Allemands devient très vif, les 2 sections en retard seront détruites avant d'arriver aux tranchées et les deux sections de gauche sont trop faibles pour réussir à elles seules. Le Capitaine donne donc l'ordre de rentrer dans les tranchées."       (extrait du JMO, source Mémoire des Hommes)

    Mais les hommes de la 1e section, déjà tout près des tranchées allemandes, sont tués ou faits prisonniers. L'artillerie commence à tirer, l'artillerie allemande répond en dirigeant son feu principalement sur la 252e, qui subit des pertes importantes.

    "Cette surprise manquée aurait donc certainement réussi avec des effectifs suffisants, tel que le régiement disposé tout entier derrière le front de la 17e Cie, ce qui pourrait se faire après la relève qui aura lieu dans la nuit, malheureusement, la troupe est exténuée et on ne peut entreprendre avec elle une nouvelle opération, qui demanderait plusieurs jours de combat."           (extrait JMO source Mémoire des Hommes)

    Après cet épisode, le 286e RI est relevé pour plusieurs jours. Les hommes considérés commes responsables de l'échec sont "cassés" par le lieutenant-colonel.

     Début décembre, le temps est mauvais : tempête et pluie torrentielle. L’état des tranchées est effroyable.  Une attaque est prévue pour la journée du 12 décembre.

    La veille de l’attaque, on peut lire dans le journal de marche :

    "Comme il est évident que cette attaque coûtera très cher, dans tout le régiment chacun prend ses dispositions dernières ; dépots d'argent à l'officier de détails, testatments, lettres d'adieux, visites à l'aumoniers, etc.

    L'état d'esprit général est très résolu : il faut en finir."

     

    Toute la nuit, les hommes creusent, cherchant à améliorer les abris pour les réserves, les précédents étant entièrement remplis d’eau. Les parallèles et tranchées de 1e ligne sont dans un état effroyable, une boue gluante en remplit le fond et en forme les parois ; les mains, les vêtements, les armes, tout est couvert de boue. Cependant, tout le monde a courage et espoir.

     Le 12, à 13 h 35, l’artillerie lourde ouvre son feu un peu trop court... dirigé surtout sur les tranchées de la sape 3 ; elle n’allongera son tir que 20 minutes plus tard, tandis que l’artillerie allemande répond en tirant sur les tranchées françaises. A 14 heures, tout le régiment se précipite en avant, et atteint en un instant les tranchées allemandes.

     

     

     

     

     

     

     

      


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