• La Conscription

    Lorsque le mode de recrutement basé sur le volontariat fut aboli par la Constitution de l’an III (22 août 1795), la loi du 19 fructidor an VI (5 septembre 1798) créa la conscription. La loi Jourdan, du nom de son rapporteur, établissait que « l’armée de terre se forme par enrôlement volontaire et par la voie de la conscription militaire ».

    L’ensemble des Français âgé de 20 à 25 ans, répartis en cinq classes distinctes devait servir l’Empire pendant cinq ans. Seule une partie des jeunes gens soumis à la conscription étaient intégrés dans les unités, l’autre partie formant une réserve d’hommes disponibles en cas de levées supplémentaires. Le choix des conscrits se faisait en fonction de l’âge, les plus jeunes dans chacune des classes étant les premiers à partir.

    Dans le même temps se mit en place un système de remplacement (lois du 28 germinal an VII et du 17 ventôse an VIII), limité à ceux « qui ne pourraient supporter les fatigues de la guerre, et à ceux qui seront reconnus plus utiles à l’Etat en continuant leurs travaux ou leurs études ».

    Aux levées ordinaires se sont succédées à un rythme de plus en plus important des levées extraordinaires, qui se multiplièrent surtout après les évènements d’Espagne de 1809 et la déroute subie en 1812 en Russie. Afin de posséder d’une réserve d’hommes nécessaires aux expéditions militaires, les conscrits de plus en plus nombreux était maintenus sous les drapeaux au-delà des cinq ans prévus. Ils étaient plus d’un million rien que pour l’année 1813. Cependant, le nombre de recrues fixé pour chacune des levées était difficile à atteindre du fait de l’impopularité grandissante de la conscription. Les procédés les plus courants pour s’y soustraire furent la désertion, l’exemption ou les mutilations volontaires. Il est estimé qu’au cours de l’Empire, plus de deux millions d’hommes ont formé le contingent des armées napoléoniennes ; 7009 conscrits de Haute-Loire furent engagés aux cours des levées effectuées entre l’an XIII et 1812.

    En 1814, Louis XVIII abolit la conscription dans sa Charte constitutionnelle, le mode de recrutement de l’armée fut déterminé par une loi. Cette réorganisation du recrutement tarda à se mettre en place du fait du retour de Napoléon, et de l’occupation de la France entre 1815 et novembre 1818. L’ordonnance du 16 juillet 1815 fixa le recrutement de conscrits à partir d’engagements volontaires. Ce volontariat ne permettant pas de lever assez d’hommes,  une loi fut promulguée le 10 mars 1818 par Gouvion Saint-Cyr, ministre de la Guerre, rétablissement la conscription et l’appel par tirage au sort. La durée du service militaire fut fixée à deux périodes de 6 ans à effectuer dans l’armée territoriale, avec la possibilité d’échapper au service en se faisant remplacer. Cette loi fut appliquée jusqu’en 1872, avec plusieurs aménagements, modifications de durée, limitation des mesures de remplacement. La loi Niel du 1er février 1868 fixa à 5 ans le temps passé sous les drapeaux et 4 ans dans l’armée de réserve.

    Après la défaite de 1870, le gouvernement voulut reconstituer une armée en instituant un service universel. Le service devint obligatoire pour tous les conscrits, le remplacement fut supprimé. Tout conscrit déclaré apte était engagé pour 5 ans dans l’armée active, puis faisait partie durant 4 ans de la réserve de l’armée active, puis durant 5 ans de l’armée territoriale et au cours de 6 années supplémentaires faisait partie de la réserve de l’armée territoriale. Il était donc mobilisable de l’âge de 20 ans à l’âge de 40 ans. Conserver tous les Français aptes durant cinq ans étant impossible, le tirage au sort fut maintenu, les bons numéros effectuant un an de service, les mauvais recrutés pour cinq ans. Les dispenses furent accordées à de nombreuses catégories de conscrits, fonctionnaires de l’Instruction Publique, élèves des grandes écoles, séminaristes…, jusqu’à  la loi du 15 juillet 1889 qui  supprimait la plupart des exemptions, maintenait le tirage au sort, et ramenait la durée dans l’armée active à 3 ans.

    La loi du 21 mars 1905 supprima le tirage au sort et rendit le service militaire obligatoire pour tous, supprima les dispenses, fixa le temps d’armée active à 2 ans et celui dans l’armée de réserve à 11 ans. L’examen médical du conseil de révision détermina les exemptions, uniquement fondées sur des incapacités physiques. Le 7 août 1913, le service fut prolongé à 3 ans, en raison de la préparation à l’état de guerre.

    La mobilisation générale étendit le service militaire à tous les hommes.

     

     


     

     

    En 1914, 8 millions d’hommes entre 18 et 45 ans sont mobilisés soit 20 % de la population.

    Selon son âge, chaque homme doit s’acquitter de ses obligations militaires, passe par trois armées réglementaires différentes :

    • l’armée d’active :

    Sont mobilisés dès le début du conflit les régiments d’active : numérotés de 1 à 176.

    Elle est composée des hommes âgés de 21 à 23 ans c’est-à-dire nés en 1891, 1892, 1893 et au delà. La durée du service est de 3 ans.

    • l’armée de réserve :

    Sont mobilisés dès le début du conflit les régiments de réserve : numérotés de 201 à 421.

    Elle est composée des hommes âgés de 24 à 33 ans c’est-à-dire nés entre 1881 et 1890. La durée est de 11 ans.

    • l’armée territoriale :

    Sont mobilisés tout au long du conflit les régiments de la territoriale et de la réserve territoriale.

    Elle est composée des hommes âgés de 34 à 39 ans c’est-à-dire nés entre 1875 et 1880, considérés comme trop âgés et plus assez entraînés pour intégrer un régiment de première ligne d’active ou de réserve. La durée est de 7 ans.

    • réserve de l’armée territoriale :

    Elle est composée des hommes âgés de 40 à 45 ans c’est-à-dire nés entre 1868 et 1874. La durée est de 7 ans.

    Rapidement la réserve de l’armée territoriale incorpore les hommes âgés de 46 à 49 ans,  c’est-à-dire nés entre 1868 et 1865.

    Les réformés et exemptés des classes 1887 à 1914 eurent l’obligation de se faire recenser en mairie dès septembre et octobre 1914 afin de passer à nouveau devant le conseil de révision.

      

      

      

      


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  • Commentaires

    1
    Espenel
    Lundi 30 Mai 2016 à 23:11
    Bonjour
    Le descriptif sur le service national m'a intéressé
    Mon arrière grand père fut réformé pour surdité en 1901.puis il fut appelé sous les drapeaux au 151ème d'infanterie début 1915 .
    Il participa a l'offensive de septembre 1915 en champagne et mourut le 25 sep
    Il se dit dans ma famille qu'il fut enrôlé a la place d'un autre
    Auriez-vous des connaissances sur ce type d'engagement
    Je suis aussi Capitolien
    A vous lire merci
      • Isabelle ISSARTEL
        Mardi 31 Mai 2016 à 18:02

        Bonjour,

        En principe, en 1915, il n'y a pas d'enrôlement à la place d'un autre. Mais il faudrait chercher plus précisément pour en être certain.
        Ce qui est certain, c'est qu'être réformé n'a pas empêché de nombreux hommes d'être rappelés en 1914 ou 1915, et que même les régiments d'infanterie territoriale, qui auraient dû rester loin du front, s'y sont retrouvés très vite.

        Avez-vous trouvé le registre matricule de votre arrière-grand-père ? Pourriez-vous nous préciser ses noms et prénoms, ainsi que sa date de naissance pour que nous cherchions de notre côté ? Vous pourriez également poser la question sur le site http://pages14-18.mesdiscussions.net/

        Vous pouvez nous recontacter soit par mail sur capitolien43@free.fr ou isa.issartel@yahoo.fr ou par téléphone au 04.71.08.46.15.

        Bonne fin de journée,

        Isabelle

         

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